Reprise des activités : au cœur de trois patronages

Le confinement et la crise sanitaire ont bousculé les activités de nombreuses associations à Paris comme ailleurs en France. La date du 11 mai 2020 a sonné comme une délivrance pour les jeunes des patronages qui ont pu reprendre le chemin de leur centre de quartier. Plusieurs responsables témoignent.

Une reprise adaptée

Au Centre de loisirs ACEL Nouveau Souffle (19e), les enfants de maternelle et de primaire ont pu revenir dès le 11 mai.

Une évidence pour Cécile Trivalle, directrice du centre. « Les écoles du quartier ont pris très peu d’enfants. L’une d’entre elle a ouvert seulement 15 places sur l’ensemble des classes » précise-t-elle.

Les collégiens, eux, ont été accueillis individuellement sur des créneaux isolés. Règle sanitaires oblige, les conditions d’accueil des enfants ont été revues. Avant la crise, une quarantaine de primaires et une trentaine de collégiens se côtoyaient en même temps.

Maintenant, les premiers viennent par groupe de quinze et les seconds se réunissent dans une salle à l’écart. « Seul le nombre des maternelles n’a pas changé : 8 enfants chaque jour depuis le début du déconfinement » précise Cécile Trivalle. « Nous avons même quelques nouveaux, les petits frères d’enfants déjà inscrits au patronage ! »

Effectifs réduits également à la Maison Ozanam (17e) depuis la réouverture des locaux il y a une dizaine de jours.

« Au début, l’équipe allait voir les ados dans la rue » explique François Tranchant, responsable de la Maison, où les sorties extérieures en petits groupes sont privilégiées.

Les activités du samedi ont repris sous la forme de promenades dans le quartier. En attendant la réouverture complète prévue pour le 6 juillet, le patronage reste ouvert le mercredi après-midi.

Répondre aux besoins

À la Maison des Jeunes Saint-Vincent-de-Paul (10e), l’accueil de loisirs n’a pas repris. Une assistance a cependant été mise en place pour accueillir les enfants et les adolescents qui n’ont pas pu travailler pendant le confinement (programme « SOS Scolarité »). Cécile Robilliard, la directrice, reconnaît que certains collégiens avaient complètement décroché. « Parfois les jeunes n’ont pas d’équipement informatique chez eux ou alors ils n’ont pas la place ou l’encadrement suffisant, avec des parents qui ont perdu le rythme. » Une douzaine de jeunes sont ainsi suivis par une équipe de bénévoles en soutien scolaire jusqu’à la reprise obligatoire des cours prévue le 22 juin.

Un suivi à distance pendant et après le confinement

Un constat partagé par Cécile Trivalle qui accueille dans son patronage les collégiens sur des créneaux isolés. « Nous les avons suivis à distance pendant le confinement. C’est un public décrocheur mais aucun d’entre eux n’a décroché ! » se félicite-t-elle.

Un lien tout aussi important à la Maison Ozanam (17e) où chaque personne de l’équipe a gardé le contact avec plusieurs personnes. Téléphone, jeux collectifs via l’application Zoom (outil de vidéoconférence, de chat et de réunions en ligne), accompagnement scolaire : tous les moyens possibles ont été utilisés pour maintenir la relation avec les familles. « Ce lien, nous l’avons parfois entretenu aux pieds des immeubles ou en faisant les courses avec certains jeunes » évoque François Tranchant.

Cette présence même à distance s’est maintenue à Saint-Vincent-de-Paul (10e) grâce au téléphone. « Ces contacts nous ont permis d’évaluer les besoins et de tout préparer pour la reprise dans le respect des règles sanitaires » explique de son côté Cécile Robilliard. Une contrainte liée à l’acquisition de matériel de protection qui va d’ailleurs faire l’objet d’une demande de financement à la Fondation Notre Dame.

Le programme de l’été

Pas de séjours pour les jeunes de la Maison Ozanam (17e) cet été. En revanche, deux mini-camps sont prévus à Notre-Dame-de l’Ouÿe (Essonne) en juillet, réunissant à chaque fois quinze jeunes. Vingt adolescents partiront aussi avec quelques personnes âgées de la paroisse.

Le centre de loisirs ACEL Nouveau Souffle (19e), lui, maintient ses camps mais avec moins de jeunes : 25 collégiens et 30 primaires vont ainsi partir en juillet grâce au soutien de la Fondation Notre Dame.

Après une fermeture complète pour une semaine, les activités de loisir de la Maison des Jeunes Saint-Vincent-de-Paul (10e) vont reprendre dès le 6 juillet. En parallèle, deux camps pour les primaires et un pour les collégiens sont prévus pour l’instant… selon les inscriptions car la situation actuelle est inédite. « Le nombre d’inscrits pourrait bien grimper d’ici là. Est-ce que les familles vont pouvoir partir en vacances cet été ? »  s’interroge Cécile Robilliard. « Nous commençons à voir les contraintes qui risquent de se poser. »

Le soutien de la Fondation Notre Dame

Grâce à la générosité de ses donateurs, la Fondation Notre Dame finance chaque année les activités, les projets et les camps de nombreuses associations et patronages de la capitale. En 2019, rien que sur les séjours hors de Paris, la Fondation a aidé 15 patronages en hiver et 23 en été. Au total, 59 séjours ont ainsi été financés. L’objectif est de permettre aux enfants issus de familles défavorisées de se joindre au groupe en bénéficiant d’un tarif préférentiel.

Photos : FND © DR ; C. Trivalle ; F. Tranchant