IFI et SCI : quelle imposition ?
L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) s’applique aux personnes physiques dont le patrimoine immobilier net taxable excède 1,3 million d’euros. Il concerne aussi bien les biens détenus en direct que ceux détenus indirectement, notamment par l’intermédiaire d’une société civile immobilière (SCI).
Point essentiel à rappeler d’emblée : ce ne sont pas les SCI qui sont redevables de l’IFI, mais leurs associés. Détenir des parts de SCI revient, au regard de l’IFI, à détenir indirectement des biens immobiliers. Cette règle soulève de nombreuses questions pratiques, en particulier pour les SCI familiales ou dites « professionnelles ».
Une SCI est-elle soumise à l’IFI ?
Par principe, la possession de parts dans une SCI équivaut à la détention indirecte de biens immobiliers.
Toutefois :
- La SCI elle-même n’est jamais redevable de l’IFI.
- L’IFI est dû, le cas échéant, par les associés personnes physiques, à proportion de leurs droits dans la société.
Ce mécanisme repose sur une logique de transparence fiscale propre à l’IFI : l’administration fiscale regarde la nature des actifs détenus par la SCI, et non la forme juridique de la structure.
Il convient ainsi de distinguer :
- la détention directe d’un immeuble,
- et la détention indirecte via des parts de SCI.
Tous les associés d’une SCI ne sont donc pas automatiquement soumis à l’IFI. L’imposition dépend :
- de la valeur des biens immobiliers détenus,
- du pourcentage de parts possédées,
- et de la situation patrimoniale globale de l’associé.
IFI et SCI familiale : quelles règles spécifiques ?
Une SCI familiale est une SCI dont les associés appartiennent à une même famille. Sur le plan de l’IFI, ce caractère familial n’a pas d’impact direct sur l’assujettissement.
Les règles applicables sont les suivantes :
- chaque associé déclare la valeur des parts qu’il détient,
- l’imposition se fait au prorata des droits sociaux.
Cas fréquent : la résidence principale détenue via une SCI
Lorsqu’une résidence principale est détenue par une SCI et occupée par l’un des associés :
- l’abattement de 30 % peut être applicable sous conditions strictes,
- notamment si l’occupation est effective et que l’associé supporte la charge du logement.
Cette situation nécessite une analyse attentive, car l’abattement n’est ni automatique ni systématique. Elle fait partie des points de vigilance fréquemment relevés lors des contrôles.
IFI et SCI professionnelle : dans quels cas une exonération est possible ?
La notion de SCI professionnelle est souvent mal comprise. En réalité, l’exonération d’IFI ne dépend pas de la forme “SCI”, mais de la qualification de biens professionnels.
Pour bénéficier d’une exonération, plusieurs conditions cumulatives doivent être réunies :
- la SCI doit exercer une activité réellement opérationnelle,
- l’associé doit y exercer un rôle effectif,
- cette activité doit constituer son activité principale.
Ces critères sont strictement encadrés et contrôlés. En pratique, les SCI ayant une simple activité de détention ou de location patrimoniale n’ouvrent pas droit à exonération IFI, même si elles sont qualifiées de « professionnelles » dans le langage courant.
SCI à l’IS et IFI : une fausse sortie de l’impôt ?
Le choix de soumettre une SCI à l’impôt sur les sociétés (IS) est parfois perçu comme un moyen d’échapper à l’IFI. Cette idée est erronée.
En effet :
- l’IFI vise la détention immobilière, y compris indirecte,
- le régime d’imposition des bénéfices (IR ou IS) n’est pas déterminant pour l’IFI.
Ainsi, dans la majorité des cas :
- les parts de SCI à l’IS restent imposables à l’IFI,
- sauf si les conditions des biens professionnels sont strictement remplies.
Une vigilance particulière s’impose face aux montages mal compris, susceptibles d’entraîner des rectifications.
Comment calculer la valeur des parts de SCI pour l’IFI ?
La valeur des parts de SCI doit être appréciée au 1ᵉʳ janvier de l’année d’imposition. Elle ne correspond jamais à la valeur nominale des parts.
La méthode de calcul repose sur plusieurs étapes :
- estimation de la valeur vénale des immeubles détenus par la SCI,
- déduction des dettes éligibles (emprunts notamment),
- répartition de la valeur nette au prorata des parts détenues.
Certaines décotes peuvent être admises (illiquidité, minorité), mais elles ne sont ni automatiques ni forfaitaires. Elles doivent être justifiées et rester proportionnées.
Comment déclarer une SCI à l’IFI ?
La déclaration IFI porte :
- sur la valeur des parts détenues,
- et non sur la SCI en tant que telle.
L’associé doit notamment indiquer :
- la nature des biens immobiliers détenus par la SCI,
- son pourcentage de détention,
- la valeur retenue pour le calcul de l’IFI.
Il est essentiel d’assurer une cohérence entre la déclaration IFI et les autres déclarations fiscales (revenus, plus-values, etc.).
SCI, IFI et dettes : ce qui est déductible ou non
Les règles générales de déductibilité des dettes s’appliquent également aux parts de SCI :
- les emprunts contractés par la SCI peuvent être déduits, à hauteur de la fraction correspondant aux parts détenues,
- certaines dettes sont exclues ou plafonnées, notamment :
- les prêts in fine,
- les prêts familiaux insuffisamment justifiés,
- certaines dettes intra-groupe.
Ces règles visent à éviter une minoration artificielle de l’assiette IFI.
SCI, IFI et don : un cadre fiscal stable
Quel que soit le mode de détention des biens immobiliers — en direct ou via une SCI — le don IFI s’inscrit dans un cadre fiscal stable et indépendant.
- La réduction d’IFI de 75 % du montant du don s’applique sur l’impôt dû par l’associé.
- Elle n’est pas affectée par la forme juridique de détention du patrimoine.
- Le don IFI permet ainsi de donner du sens à une fiscalité patrimoniale, en soutenant des projets d’intérêt général comme ceux portés par la Fondation Notre Dame.
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