Précarité : la mobilisation ne faiblit pas

Le confinement se prolonge à Paris comme ailleurs en France. Une situation sanitaire exceptionnelle qui n’empêche pas la poursuite de l’aide aux plus démunis dans les paroisses et les associations de la capitale. Face à l’afflux du nombre de bénéficiaires, les bénévoles s’organisent pour assurer les distributions alimentaires dans les 26 points colis-solidaire, avec l’aide de la Délégation pour la Solidarité et le soutien de la Fondation Notre Dame.

Téléphone à la main, Thaïs Piganeau regarde son planning d’un air concentré. La jeune femme vient de raccrocher avec Hélène, chargée de la relation avec les bénévoles. Toutes les deux font partie du noyau du Service camionnette solidaire, formé lors du premier confinement grâce à la Société Saint-Vincent-de-Paul et au Diocèse de Paris pour assurer les livraisons en denrées alimentaires et non-alimentaires dans les paroisses. L’urgence du printemps paraît loin. Cette fois-ci, l’équipe composée de six jeunes n’a pas attendu les demandes d’appel à l’aide pour reprendre les livraisons dès le week-end de la Toussaint. « Nous avons relancé l’opération à l’occasion du deuxième confinement pour les mêmes raisons : assurer les collectes et acheminer les denrées vers les points colis-solidaire (PCS) grâce à notre service de livraison. Un appel aux bénévoles a été lancé sur internet. Les réponses ont rapidement afflué. 90 personnes participent actuellement à la mission » explique Thaïs Piganeau.

Nous allons à la rencontre des personnes accompagnées.
Ici, chaque bénévole s’engage dans une expérience de compassion.

Thaïs Piganeau

« Mission camionnette solidaire 2.0 »

Au volant de la camionnette mise à disposition par la Ville de Paris, les bénévoles, étudiants ou jeunes professionnels pour la plupart, n’ont pas le temps de s’ennuyer. Par équipes, ils assurent chaque jour la navette entre les magasins où ils vont chercher les denrées alimentaires, le local de stockage dans le 15e et les PCS afin de servir les quelques 2 600 bénéficiaires identifiés.

« Les PCS, au moment de remplir leur formulaire d’inscription, ont indiqué les jours de livraison. La plupart sont livrés un jour par semaine. Certains ont des besoins plus importants et sont livrés deux fois par semaine » précise Thaïs Piganeau. Une deuxième camionnette, prêtée par un bénévole, permet de faire face à la demande.

« Nous sommes là pour aider les PCS en cette période de crise, précise l’étudiante en Master d’informatique. L’équipe actuelle va rester en mission jusqu’à fin-décembre, début janvier. Après on verra. »

Une coordination entre tous les acteurs

Cette organisation souple permet de fournir 20 des 26 PCS existants. Car « chaque centre de distribution est autonome, indique Sylvain Thibon, correspondant des structures alimentaires diocésaines au sein de la Délégation pour la Solidarité. Notre rôle consiste à accompagner chaque paroisse et à répondre à leurs besoins. » Un accompagnement qui a permis, comme lors du premier confinement, la mise en place d’une plateforme logistique dans les locaux d’une association du 15e, mais également de financer, grâce à la Fondation Notre Dame, l’acquisition de tentes comme à Sainte-Rosalie (13e) où un café solidaire a été mis en place.

Dans l’Église, on ouvre la porte pour accueillir et entendre l’Autre. Il ne s’agit pas seulement de donner à manger à ces personnes. On doit se préoccuper du cœur et des âmes.

Sylvain Thibon

Soulager l’activité dans le 13e

Des initiatives qui voient le jour à la faveur du confinement comme à Saint-Hippolyte (13e) où un nouveau PCS a ouvert le 28 novembre. « C’est notre rôle de les aider. Cette ouverture nous réjouit d’autant plus qu’elle va permettre de soulager l’activité des autres PCS dans le 13e » évoque Sylvain Thibon. Sollicités par la Délégation pour la Solidarité pour la distribution de paniers repas au printemps dernier, Benoît Campagne et les autres bénévoles de la paroisse ont décidé de pérenniser les distribution alimentaires en créant le Relais Fraternel. « Nous avons recontacté les 50 familles qui sont venues jusqu’en juillet.  

Et ce nombre risque vite d’être dépassé ; une crèche du quartier a identifié de nouvelles familles et nous a déjà contacté. Désormais, nous allons pouvoir les accueillir dans le centre chaque samedi matin. » Entouré des 50 bénévoles sollicités pour venir former des équipes de distribution le samedi matin, Benoît Campagne est prêt à relever ce nouveau défi.

 © Thaïs Piganeau – Victoire Bénard-Ducy