Hiver solidaire : Permettre à des personnes sans-abri de passer l’hiver au chaud

Cette année, 38 paroisses parisiennes se préparent à participer à l’opération « Hiver solidaire », un accueil aux personnes de la rue qui s’étend de mi-décembre à mi-mars.

Initiée il y a 11 ans, cette opération permet chaque année à plus de 200 personnes sans-abri de bénéficier, pendant les mois d’hiver, d’un accueil fraternel dans une ambiance chaleureuse, d’un lit dans un lieu chauffé, ainsi que d’un dîner et un petit déjeuner.

Hiver solidaire : qu’est-ce que c’est ?

Un accueil comme en famille

Pour favoriser l’atmosphère familiale, les personnes accueillies dans chaque paroisse sont volontairement peu nombreuses et les mêmes pendant tout l’hiver. C’est aussi un petit nombre de bénévoles qui sont présents le soir pour dîner, dormir sur place, et le matin pour le petit-déjeuner. Autour de la table, on partage le repas, on s’écoute, on se livre… Au fil des semaines, des liens se tissent qui peuvent se prolonger de différentes manières après l’opération (dîners, accompagnement individuel…).

Outre la proposition d’un abri, l’objectif est, grâce aux relations établies dans la durée entre bénévoles et personnes sans-abri, d’aider ces dernières à reprendre confiance en elles et à avancer dans leur réinsertion.

Quel impact pour les sans-abri parisiens ?

A côté de l’hébergement proprement dit, l’opération « Hiver Solidaire » vise à inciter les personnes sans-abri à être accompagnées. Pour cela, 3 travailleurs sociaux rencontrent le soir les personnes hébergées.

Chaque année, plus de 30 % des personnes accueillies qui n’avaient pas de travailleur social référent au démarrage de l’opération, décident d’entamer un suivi, indispensable pour avancer vers la sortie de rue. Ainsi en 2018-2019, 122 des 212 personnes hébergées ne bénéficiaient d’aucun suivi social. Sur ces 122 personnes, 74 ont entamé un accompagnement grâce aux  travailleurs sociaux intervenant dans le cadre d’Hiver solidaire.

Hiver solidaire 2018-2019 en quelques chiffres

Hiver solidaire 2018-2019

Quel soutien apporté par la Fondation  Notre Dame ?

Depuis 2013, la Fondation Notre Dame a apporté son soutien à plus de 20 projets dans le cadre de l’opération Hiver solidaire, pour un montant de plus de 215 000 euros. Elle a notamment contribué au financement :

Des projets à financer pour 2019-2020

Cette année, la Fondation Notre Dame s’est engagée à participer au financement de travaux pour un montant total de 38 550 euros afin de permettre à l’ACEL Saint-Martin (10e) et à l’association Solidarité Jeunesse Grandes Carrières (19e) de participer à l’opération Hiver solidaire et d’accueillir 10 personnes sans-abri.

Pour permettre à ces personnes en grande précarité de passer l’hiver au chaud, aidez-nous à soutenir ces projets !

Bouton de don Fondation Notre Dame

Ils témoignent

Jacques – Bénéficiaire

Jacques Laurent, sans-domicile fixe, a pu bénéficier de l’opération « Hiver solidaire » en 2016. Il raconte cette expérience qui a bouleversé sa vie.

Hiver Solidaire nous redonne vie sans nous poser de questions.

Rémy – Bénévole

Paroissien à Saint-Georges de la Villette (19e) depuis près de 10 ans, Rémy, 37 ans cherchait à rendre service d’une manière concrète et collective.

C’est un lieu pour respirer et se reconstruire.

Lire le témoignage de Rémy

« Rendre service en passant une nuit à la Paroisse … quoi de plus simple pour aider que de dormir ! »

Dans le cadre d’Hiver Solidaire, la paroisse Saint-Georges s’est engagée à accueillir 3 sans-abri réguliers. Se retrouver dans un lieu chauffé et une ambiance chaleureuse pour dîner, passer la nuit et partager un petit déjeuner pendant les mois d’hiver, c’est ce qui leur est proposé. Pour que le projet puisse exister, des paroissiens se relaient pour partager le dîner et / ou pour passer la nuit. Rémy a passé plusieurs nuits avec les accueillis.

Témoignage de Rémy (extrait)

Rémy, avec au départ quelques appréhensions relatives à la promiscuité et la tranquillité, a trouvé qu’Hiver Solidaire lui demandait une aide d’une réelle simplicité : « dormir, rien de plus simple. C’est une manière de veiller sur nos frères, dans tous les sens du terme. L’organisation est très souple, il suffit de s’inscrire aux dates disponibles sur le planning. »

Concrètement ? Arrivé vers 21 heures alors que le dîner se terminait, Rémy s’est installé pour la nuit dans l’un des lits tout en échangeant avec les accueillis. « Ils sont souvent fatigués de leur journée dans la rue ; ils ont besoin de se coucher tôt. » confie-t-il. C’est un moment avec peu de discussions mais la présence compte beaucoup ; c’est paisible, tranquille et rempli de confiance mutuelle. »

« C’est un lieu pour respirer et se reconstruire »
« Nous permettons aux accueillis de passer une bonne nuit de repos, c’est peu mais sans doute beaucoup pour eux. J’ai pu moi-même être un peu gêné la première nuit par les bruits de l’avenue Simon Bolivar que je pouvais entendre depuis l’intérieur de la paroisse. J’ai pris conscience que vivre dans la rue, c’est vivre en permanence dans le bruit. Avoir un toit a pris tout son sens. »