Un îlot pour les jeunes au cœur du 10e

Après trois ans de travaux, les 400 enfants et leurs animateurs ont retrouvé le terrain de sport et les locaux de la Maison des Jeunes (10e), rénovée grâce au soutien de la Fondation Notre Dame. À deux pas de la gare du Nord, cette imposante bâtisse, inaugurée à la fin du mois de septembre, a fait peau neuve pour accueillir dans de meilleures conditions les activités éducatives, sportives et culturelles menées chaque année.

La visite commence au pied du double escalier de l’entrée qui conduit le nouvel arrivant vers les niveaux supérieurs. Une première volée de marches permet d’accéder au Refuge, la salle dédiée aux « grands ». « Avant les travaux, il n’y avait pas de lieu pour les plus âgés, explique Cécile Robilliard, la directrice. Désormais, ils ont cette salle et une partie de l’étage leur est consacrée. Les pièces sont polyvalentes afin de répondre à leurs besoins. » Aide au devoir, ateliers de musique, théâtre, bricolage, informatique : les possibilités sont nombreuses dans cet espace reconfiguré. « Mes parents travaillent le soir. Ici, je peux venir travailler » explique Mathieu, un pinceau à la main. En ce début d’après-midi, ils sont plusieurs adolescents à s’activer autours des pots de peinture pour apporter une touche de couleurs aux murs neufs. D’autres jouent au babyfoot installé à côté. « Nous n’avons jamais eu autant d’ados que maintenant. Un poste à temps plein a été créé pour s’occuper d’eux » précise la directrice.

Nous avons exactement ce que l’on voulait et ce que l’on imaginait ! »

Cécile Robilliard, directrice de la Maison des Jeunes

Un projet pensé par l’équipe éducative

Passée la salle de musique, la visite se poursuit sur le toit-terrasse où un potager a été installé. Un surplomb qui permet d’embrasser toute l’étendue des trois bâtiments qui composent la Maison. « La surface a été multipliée par 2,5 sans perdre en espace extérieur. Aujourd’hui, il est possible de doubler les effectifs », détaille Cécile Robilliard. Un projet architectural « pensé par l’équipe éducative en place » qui offre « un ensemble beaucoup plus fonctionnel ».  Des cris de joie montent de la cour : un but est marqué sur le terrain de foot. La directrice sourit : « le foot est essentiel dans les activités. Si on le supprime, les familles de ce quartier à forte mixité sociale ne mettraient pas aussi facilement leurs enfants à la Maison ».

Car le projet défendu par les animateurs est avant tout éducatif. « Les activités viennent nourrir le projet, indique-t-elle. Nous mettons en place une éducation intégrale, en favorisant le développement complet de chaque enfant qui fréquente la Maison. Les jeunes ont besoin d’objectifs et d’idéal ; nous leur donnons une idée de ce qu’est une personne humaine ! » Chaque jeune inscrit doit s’engager sur l’année à suivre l’un des trois parcours proposés (connaître et bâtir, servir et aimer, croire et espérer) qui combinent activités de loisirs et sens de l’engagement. Comme à la salle à manger où la participation à l’atelier cuisine s’accompagne du nettoyage des tables après chaque repas.

Un accompagnement des jeunes et des encadrants

Deux étages plus bas se trouve la Cabane, l’équivalent du Refuge pour les enfants. Une vaste salle qui peut accueillir entre 40 et 50 enfants simultanément sous la responsabilité des encadrants. « La Maison emploie 6 salariés à temps plein ; il y a encore 2 créations de poste prévues » évoque Cécile Robilliard qui accueille aussi de jeunes adultes en service civique et des apprentis. « Certains sont logés chez eux ou bien dans des foyers. La présence de pairs est importante pour aider les apprentis à se structurer. » Comme Leïla, bénévole en reconversion professionnelle qui a commencé une formation préparant au BAFA pendant l’été. « Tout le monde est très gentil. J’ai beaucoup appris depuis mon arrivée ici le mois dernier. Et puis il y a une vraie proximité avec les jeunes. » lance-t-elle avant de distribuer des chasubles à un groupe d’enfants sur le terrain de sport.

La directrice leur jette un regard bienveillant. Après les nombreuses péripéties liées à ce long chantier, elle va désormais « prendre le temps de vivre la vie de la Maison et compléter le projet éducatif pendant la première année d’exercice du lieu ».

© G. Fornet / FND