Nuit de la solidarité 2026 : comprendre la rue pour mieux l’accompagner

Homme sans abris qui tient une pancarte

Dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 janvier 2026, Paris a vécu la 9ᵉ édition de la Nuit de la solidarité. Des milliers de bénévoles ont sillonné les rues de la capitale pour aller à la rencontre des personnes sans-abri, échanger avec elles et mieux comprendre leur réalité.

Munis d’un questionnaire anonyme, encadrés par des responsables d’équipe, ils ont observé, écouté, et recueilli des paroles. Cette démarche permet d’estimer le nombre minimal de personnes à la rue. La Nuit de la solidarité n’est pas une intervention sociale. Elle constitue un temps d’observation indispensable pour orienter les politiques publiques et renforcer les actions de terrain.

Lors de l’édition précédente, 3 507 personnes sans abri avaient été décomptées à Paris, un chiffre proche de celui de 2024 (3 492).

Derrière les chiffres, des parcours de vie

Derrière chaque donnée se dessinent des visages, des histoires, des ruptures familiales, professionnelles, des parcours migratoires, des fragilités psychiques et une grande solitude. La Nuit de la solidarité rappelle que vivre à la rue n’est jamais un choix, mais l’aboutissement d’un enchaînement de vulnérabilités. Face à cette complexité, les réponses doivent être multiples, coordonnées et inscrites dans la durée.

L’engagement de la Fondation Notre Dame : une chaîne de solidarité continue

C’est dans cette perspective que s’inscrit l’action de la Fondation Notre Dame. Tout au long de l’année, elle soutient des associations à chaque étape du parcours : urgence, mise à l’abri, accompagnement, reconstruction. Son action repose sur une conviction forte : aucune réponse isolée ne suffit. Seule une chaîne de solidarité, cohérente et durable, permet d’accompagner véritablement les personnes vers une vie plus stable.

Nourrir, accueillir, protéger : répondre aux besoins essentiels

Sur le terrain, cet engagement se traduit  par un soutien aux dispositifs qui répondent aux besoins vitaux. À travers des associations telles que La Gamelle de Jaurès, la Fondation contribue à la mise à l’abri de personnes exilées et sans domicile par des nuitées hôtelières solidaires.

Elle soutient également des actions de distribution alimentaire de grande ampleur, comme celles menées par La Soupe Saint-Eustache, qui propose chaque hiver près de 33 000 repas chauds.

Au quotidien, le collectif COLMATE coordonne l’achat et la distribution de repas, de petits-déjeuners, de vêtements et de matériel de survie, permettant à plusieurs associations de distribuer ensemble plus de 180 000 repas par an dans le nord parisien.

Ces actions sont souvent le premier point de contact avec des personnes en grande rupture.

Se vêtir, se soigner, reprendre pied

Retrouver une dignité passe aussi par l’accès à des vêtements propres, à des produits d’hygiène, à des espaces d’accueil respectueux. À travers son soutien à Solidarités Saint-Bernard, la Fondation permet le fonctionnement d’un des rares vestiaires du nord de Paris, accueillant chaque semaine des centaines de personnes, proposant vêtements, kits d’hygiène, petits-déjeuners et accompagnement linguistique. Ces lieux sont de véritables points d’ancrage et de confiance.

Mettre à l’abri et accompagner dans la durée

Lorsque l’urgence est dépassée, l’enjeu devient celui de la stabilité. La Fondation soutient notamment des dispositifs d’hébergement solidaire, comme l’opération Hiver Solidaire à Saint-Étienne-du-Mont et dans 4 autres paroisses parisiennes, qui accueille chaque hiver, dans un cadre sécurisé, plusieurs personnes sans abri pendant plusieurs mois, grâce à l’engagement de dizaines de bénévoles. Elle accompagne aussi la rénovation de ces lieux afin de garantir un accueil durable et sécurisé.

Les colocations solidaires : reconstruire par le lien

Parmi les solutions soutenues, les colocations solidaires portées par l’Association pour l’Amitié (APA) occupent une place singulière. Elles proposent à des personnes ayant connu la rue un logement partagé avec de jeunes actifs, fondé sur la responsabilité et le vivre-ensemble. Ces lieux deviennent des espaces de transition, où chacun peut, à son rythme, retrouver une stabilité et reprendre pied dans la société.

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Une solidarité qui s’inscrit dans le temps long

L’ensemble de ces actions dessine une solidarité qui ne s’arrête pas à l’urgence, mais s’inscrit dans la durée. De la maraude à la colocation, du panier-repas à l’hébergement, chaque maillon compte.

Grâce à la fidélité de ses donateurs, la Fondation Notre Dame peut soutenir cette continuité et accompagner des milliers de personnes vers une vie plus stable. La Nuit de la solidarité éclaire une réalité souvent invisible. Mais l’engagement se vit chaque jour.

©  Soupe Saint-Eustache ; Maelle Daviet